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Sommaire (7)
  1. 01Comment fonctionne un compte à terme ?
  2. 02Quel taux espérer en 2026 ?
  3. 03Sortie anticipée : que se passe-t-il si vous avez besoin de votre argent ?
  4. 04Fiscalité du compte à terme : que payez-vous réellement ?
  5. 05À qui s'adresse vraiment le compte à terme ?
  6. 06Comment choisir et ouvrir un compte à terme sans se tromper ?
  7. 07Related articles
Épargne

Compte à terme : quand bloquer son épargne fait gagner 1 %

Compte à terme en 2026 : fonctionnement, taux, durées, fiscalité. Découvrez si bloquer votre épargne quelques mois vaut vraiment le gain supplémentaire.

Camille Aubert
Publié le 14 mai 2026 · mis a jour le 21 mai 2026 · 8 min de lecture
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Vous avez une somme dormant sur votre livret A ou sur un compte courant, et vous vous demandez si vous pouvez faire mieux sans prendre de risque ? Le compte à terme mérite votre attention. Souvent oublié derrière le Livret A ou le LDDS, ce placement bancaire classique offre en ce printemps 2026 des taux qui dépassent régulièrement 3 % brut sur douze mois, voire 3,5 % sur deux ans dans certains établissements. La contrepartie est simple : vous immobilisez votre argent pendant une durée convenue à l’avance. Mais cet inconvénient apparent cache une logique patrimoniale réelle, notamment pour les sommes qui dépassent les plafonds des livrets réglementés ou pour les épargnants qui n’ont pas besoin de liquidité immédiate. Cet article vous explique comment fonctionne ce produit, à qui il s’adresse, et comment comparer les offres disponibles.

Comment fonctionne un compte à terme ?

Un compte à terme (CAT) est un dépôt bancaire sur lequel vous versez une somme fixe pour une durée déterminée, en échange d’un taux d’intérêt garanti dès la signature. Contrairement au livret A dont le taux est révisé deux fois par an, le taux du CAT est figé dès l’ouverture, ce qui constitue sa force principale dans un environnement de taux descendants.

La durée peut aller d’un mois à cinq ans, mais les formules les plus courantes en 2026 tournent autour de six, douze ou vingt-quatre mois. Certaines banques proposent des CAT à taux progressif : le taux augmente chaque année si vous maintenez le blocage, ce qui récompense la durée sans vous contraindre à rester bloqué indéfiniment si vous choisissez la clause de sortie anticipée.

Le dépôt minimum varie selon les établissements. Des banques en ligne comme Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank acceptent parfois des montants à partir de 1 000 euros, tandis que les banques traditionnelles comme la Société Générale ou le Crédit Agricole peuvent exiger 5 000 à 10 000 euros. Il existe aussi des acteurs spécialisés dans les dépôts à terme comme Raisin, une plateforme européenne qui agrège les offres de banques partenaires et permet d’accéder à des taux parfois supérieurs à ceux des grandes enseignes françaises.

Les intérêts peuvent être versés à l’échéance ou de manière périodique (mensuelle, annuelle), selon les formules choisies. Vérifiez toujours la fréquence de versement avant de signer : un intérêt versé mensuellement vous permet de le replacer, un intérêt versé en fin de terme est plus simple mais moins optimisé sur le plan des intérêts composés.

Quel taux espérer en 2026 ?

Le contexte de taux en Europe a évolué significativement depuis 2022. La Banque centrale européenne a amorcé un cycle de baisse de ses taux directeurs à partir de la mi-2024, et ce mouvement s’est poursuivi en 2025-2026. En mai 2026, le taux de dépôt de la BCE se situe autour de 2,25 %, un niveau qui continue d’alimenter une offre de CAT compétitive, même si elle est en retrait par rapport aux pics de 2023.

Concrètement, plusieurs établissements proposent entre 2,8 % et 3,5 % brut par an pour des durées de douze à vingt-quatre mois. Sur des durées courtes (un à trois mois), les taux descendent autour de 2 % à 2,5 % brut, ce qui reste supérieur au Livret A bloqué à 2,4 % depuis février 2025 - mais ce dernier reste net de fiscalité, ce qui change la comparaison (voir section fiscalité).

Les écarts entre établissements peuvent représenter 0,5 à 1 point de différence pour la même durée. Il est donc indispensable de comparer. Des comparateurs indépendants comme MeilleurTaux, Panorabanques ou la plateforme Raisin publient régulièrement des classements de CAT. L’AMF recommande par ailleurs de vérifier que l’établissement collecteur est bien agréé par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) avant tout dépôt, notamment pour les offres de banques étrangères accessibles depuis la France via des plateformes en ligne.

Sortie anticipée : que se passe-t-il si vous avez besoin de votre argent ?

C’est la question qui freine le plus d’épargnants. La bonne nouvelle : un compte à terme n’est jamais totalement illiquide. La loi française oblige les banques à vous restituer votre capital à tout moment sur demande, même avant l’échéance. En revanche, la banque est libre d’appliquer une pénalité sur les intérêts calculés.

Les modalités de sortie anticipée varient fortement d’un contrat à l’autre. Certains établissements appliquent une décote de 50 % sur les intérêts courus ; d’autres imposent un préavis de trente et un jours avant de libérer les fonds ; d’autres encore prévoient un taux plancher minimal même en cas de retrait anticipé. Ces conditions doivent figurer dans les conditions générales du contrat, que vous avez tout intérêt à lire avant de signer.

Si vous avez un doute sur votre horizon de liquidité, deux solutions s’offrent à vous. La première consiste à fractionner votre épargne sur plusieurs CAT de durées différentes, une technique parfois appelée “échelle de maturité” ou “laddering” : vous ouvrez par exemple un CAT de six mois, un de douze mois et un de dix-huit mois, ce qui vous donne des points de sortie réguliers sans sacrifier complètement votre rendement. La deuxième consiste à privilégier un CAT avec clause de sortie à taux réduit mais sans pénalité en capital, que proposent notamment certaines banques en ligne et des établissements accessibles via Raisin ou des comparateurs spécialisés.

Fiscalité du compte à terme : que payez-vous réellement ?

Les intérêts d’un compte à terme sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, communément appelé “flat tax”. Ce taux global inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il s’applique de plein droit depuis le 1er janvier 2018 et reste inchangé en 2026 selon les dispositions de la loi de finances pour 2026.

Contrairement aux livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP), les intérêts du CAT sont donc fiscalisés. C’est le point de comparaison central. Un CAT à 3 % brut ne rapporte que 2,1 % net après flat tax, soit légèrement moins que le Livret A à 2,4 % net. Sur des durées de douze mois ou plus, des taux de CAT au-delà de 3,43 % brut deviennent plus rentables nets que le Livret A actuel. Au-delà des plafonds du Livret A (22 950 euros) et du LDDS (12 000 euros), le CAT s’impose souvent comme la seule alternative sans risque en capital.

Si vous êtes imposé à une tranche marginale inférieure à 12,8 %, vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ce qui peut être avantageux. Cette option, à exercer lors de la déclaration de revenus (impots.gouv.fr), s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année et ne peut pas être choisie à la carte produit par produit. Il est conseillé de simuler les deux options avant de décider.

À qui s’adresse vraiment le compte à terme ?

Si vous êtes salarié avec des revenus stables et une épargne de précaution déjà constituée sur un livret liquide, le compte à terme est une option logique pour la partie de votre épargne que vous n’aurez pas besoin de toucher dans les douze à dix-huit prochains mois. Il est particulièrement adapté pour placer un capital reçu ponctuellement (héritage, prime, produit d’une cession immobilière) en attendant un projet futur bien identifié.

Si vous êtes travailleur indépendant ou freelance, la logique est un peu différente. Votre trésorerie peut varier fortement d’un mois à l’autre, et bloquer des fonds peut vous mettre en difficulté. Dans ce cas, le CAT à courte durée (un à trois mois, renouvelable) ou le compte à terme à taux progressif avec sortie anticipée peu pénalisante mérite d’être étudié plutôt qu’un blocage long.

Les retraités ou personnes proches de la retraite y trouvent également un intérêt, notamment pour placer des capitaux issus d’un plan d’épargne retraite (PER) lors du dénouement, ou pour sécuriser une partie d’un portefeuille en attendant une opportunité immobilière.

En revanche, si votre objectif est de faire croître un capital sur dix à vingt ans, le CAT n’est pas le bon outil. Des enveloppes comme le PEA (plan d’épargne en actions) ou l’assurance-vie multisupport offrent un potentiel de rendement bien supérieur sur le long terme, avec des avantages fiscaux significatifs après quelques années de détention.

Comment choisir et ouvrir un compte à terme sans se tromper ?

Avant d’ouvrir un CAT, cinq éléments méritent votre attention systématique. Le premier est le taux nominal annuel brut affiché : vérifiez toujours s’il s’agit d’un taux fixe ou d’un taux progressif, et sur quelle base de calcul (exact/365 ou 30/360).

Le deuxième est le taux effectif global (TEG) ou le taux annuel effectif global (TAEG), qui intègre les éventuels frais d’ouverture ou de gestion, rares mais non inexistants chez certains établissements.

Le troisième est la protection des dépôts. En France, les dépôts sont garantis par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) jusqu’à 100 000 euros par déposant et par établissement. Si vous optez pour une banque étrangère via une plateforme comme Raisin, le mécanisme de garantie européen équivalent s’applique, mais les délais et procédures peuvent différer. L’ACPR publie sur son site la liste des établissements agréés.

Le quatrième est la durée et les conditions de renouvellement automatique : certains CAT se renouvellent tacitement à échéance, parfois à des taux moins favorables. Notez la date d’échéance dans votre agenda et anticipez votre décision.

Enfin, comparez sur plusieurs plateformes : MeilleurTaux, Panorabanques et Raisin vous donnent en quelques minutes un panorama des offres disponibles. Aucune de ces plateformes ne doit être considérée comme exhaustive ; vérifiez également les offres directes des banques en ligne comme Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank, qui proposent parfois des CAT à conditions négociées non référencées partout.


Questions fréquentes

Le compte à terme est-il garanti comme un livret bancaire ?
Oui, dans les mêmes limites. Les dépôts sur un compte à terme sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), organisme mis en place sous l'autorité de l'ACPR, à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement bancaire. En 2026, ce plafond reste inchangé. Cela signifie que si vous répartissez 300 000 euros sur trois banques différentes, vous bénéficiez théoriquement de 100 000 euros de garantie dans chacune. En cas de faillite bancaire, le FGDR s'engage à vous rembourser sous sept jours ouvrables pour les dépôts standards. Cette protection s'applique aussi aux CAT souscrits via des plateformes comme Raisin, à condition que la banque partenaire soit agréée dans un pays de l'Union européenne disposant d'un système de garantie équivalent. Vérifiez systématiquement l'agrément ACPR ou européen avant de déposer une somme importante sur un CAT via une plateforme en ligne.
Peut-on ouvrir un compte à terme dans n'importe quelle banque ?
Pas toutes les banques proposent ce produit en accès direct en 2026. Les grandes banques de réseau comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou LCL l'offrent généralement sur demande en agence, avec des conditions négociables selon le montant. Certaines banques en ligne comme Boursorama ou Hello Bank proposent des formules accessibles depuis leur interface web, avec des dépôts minimaux parfois inférieurs à 5 000 euros. Des plateformes spécialisées comme Raisin agrègent les offres de banques partenaires européennes et permettent de comparer en quelques clics des taux que vous ne trouveriez pas nécessairement en vous adressant directement à votre banque habituelle. L'AMF recommande dans tous les cas de vérifier que l'établissement dépositaire est bien listé dans le registre officiel REGAFI, tenu par l'ACPR, avant tout versement. En 2026, une vingtaine d'établissements différents sont accessibles aux épargnants français via ces canaux.
Quelle est la différence entre un compte à terme et un bon de caisse ?
Ces deux produits partagent la même logique de blocage à durée déterminée contre un taux garanti, mais ils diffèrent sur deux points importants. Le bon de caisse est matérialisé par un titre nominatif ou au porteur, historiquement sous forme papier, tandis que le compte à terme est une ligne comptable inscrite directement sur votre compte bancaire. Depuis la loi Sapin II de 2016, les bons de caisse au porteur ont été supprimés en France pour des raisons de lutte contre le blanchiment ; ils sont désormais tous nominatifs. En pratique, la Banque de France signale que les bons de caisse sont devenus marginaux en 2026, la plupart des banques ayant migré vers des comptes à terme dématérialisés, plus simples à gérer. Sur le plan de la garantie des dépôts (FGDR) et de la fiscalité (PFU à 30 %), les deux produits sont traités de manière identique. Pour un épargnant particulier, le CAT est aujourd'hui l'option la plus accessible et la mieux encadrée.
Est-il possible de domicilier un compte à terme dans le cadre d'une société ou d'une SCI ?
Oui, et c'est même une stratégie courante en gestion de trésorerie d'entreprise. Une SCI, une SAS ou une SARL peut tout à fait ouvrir un compte à terme pour placer sa trésorerie excédentaire à court terme. En 2026, plusieurs établissements comme la Société Générale, le Crédit du Nord ou des néo-banques professionnelles comme Qonto proposent ce type de produit aux personnes morales. La fiscalité diffère cependant de celle des particuliers : les intérêts perçus par une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) sont intégrés au résultat imposable et taxés au taux de l'IS, soit 25 % en 2026 selon les données de la DGFIP. Le PFU de 30 % ne s'applique pas aux personnes morales. Pour une SCI à l'IR, les intérêts remontent dans la déclaration des associés selon leur quote-part. Vérifiez avec votre expert-comptable les implications comptables et fiscales avant de procéder.
Un compte à terme peut-il remplacer le fonds en euros d'une assurance-vie ?
Les deux produits ne répondent pas aux mêmes besoins, même s'ils partagent la sécurité du capital. Le fonds en euros d'une assurance-vie offre en 2026 des rendements moyens autour de 2,5 % à 3 % net de frais selon les données de France Assureurs, avec une enveloppe fiscalement avantageuse après huit ans de détention (abattement annuel de 4 600 euros pour un célibataire sur les gains). Le compte à terme, lui, offre potentiellement un taux brut supérieur sur douze à vingt-quatre mois, mais sans avantage fiscal spécifique. Pour une épargne de long terme, l'assurance-vie reste structurellement plus efficace sur le plan de la transmission et de la fiscalité différée. Pour une épargne à horizon court ou moyen (six à dix-huit mois) déjà placée hors assurance-vie, le CAT peut offrir un meilleur rendement net immédiat. Les deux produits peuvent coexister dans un patrimoine bien structuré, et plusieurs contrats d'assurance-vie comme Linxea Spirit ou Yomoni Vie offrent d'ailleurs des fonds euros compétitifs à comparer avec les CAT disponibles.

Comment cet article a été vérifié

  • 4 sources officielles citées (AMF, ACPR, Banque de France, INSEE, service-public.fr, Bercy, DGCCRF).
  • Rédigé par Camille Aubert, conseillère en gestion de patrimoine indépendante (CGPI), enregistrée à l'ORIAS.
  • Dernière revue éditoriale : 14 mai 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux, plafonds, barèmes).
  • Aucun lien d'affiliation déguisé, aucune recommandation personnalisée (ce n'est pas un conseil en investissement). Lire notre politique éditoriale.
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